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Dimanche 19 novembre 2017
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APRES LE CRASH DE LA GERMANWINGS… -

APRES LE CRASH DE LA GERMANWINGS…


Faudra-t-il toujours avoir un pilote dans l'avion ?



Par metamag
mis en ligne le


Qu'on en finisse mais qu'on en finisse au plus vite avec les pilotes de ligne. Qu'on passe enfin aux avions sans pilote, aux drones commerciaux sur les longs courriers. On est stupéfait du suicide de la Germanswings, mais encore plus des réactions des troglodytes technophobes et psychologues  qui commentent l'accident à la télévision ou sur la toile. On en a même entendu certains ressortir des vieilleries syndicales et rappeler que le syndicat des pilotes américains de l'aviation civile s'était opposé à la suppression du troisième pilote dans le cockpit. Stupide, cette personne souhaiterait-elle voir les billets d'avions tripler leur prix, s'envoler ? Ce n'est plus de trois ou de deux pilotes qu'il nous faut, c'est plus de pilotes du tout ! Tous les accidents aériens sont le fait d'erreurs humaines ou d'erreurs d'interface entre la machine et l'humain. L'humain n'est pas rationnel. L'humain a des sentiments. L'humain déprime. L'humain terrorise. Une machine ne déprime pas mais calcule. Une machine n'a pas de sentiments. On n'a pas besoin de sentiments pour piloter un avion. Une machine ne sort pas de son programme et de sa tâche. Une machine accomplit son « devoir ». Combien de temps aurons-nous encore peur des machines et par là d'ailleurs peur en nous-mêmes ? De gros drones militaires volent sans pilote. Nous pouvons aujourd'hui envisager pour des petits, moyens et longs courriers, un pilotage sans pilotes, un vrai pilotage artificiel non seulement automatique mais artificiel, exactement comme pour le métro. L'avion sans pilote est-il l’avenir de l'aviation civile. Et dans combien de temps ?ML.


TRANSPORT : Y AURA-T-IL ENCORE UN PILOTE DANS L’AVION ?


Courrier International

Les drones devraient bientôt faire partie de l’espace aérien civil. A terme, ils pourront même transporter des passagers.

Accepteriez-vous de voyager à bord d’un avion en sachant qu’il n’y a pas de pilote dans le cockpit ? Il ne s’agit pas là d’une simple question théorique. En juin 2010, l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) a lancé ce qui pourrait être la première étape d’un long parcours vers une automatisation intégrale des avions de ligne (UAVs). La FAA a chargé Insitu, filiale de Boeing basée à Bingen, dans l’Etat de Washington, et la Garde nationale aérienne du New Jersey d’étudier la façon dont l’aviation civile pourrait partager son espace aérien avec des avions sans pilotes à bord, autrement dit des drones. Au Royaume-Uni, le programme de recherche Astraea 2, conduit par BAE Systems et EADS, maison mère d’Airbus, poursuit des objectifs similaires.

Des deux côtés de l’Atlantique, le but est de permettre à des drones de partager l’espace aérien civil plutôt que de leur en réserver un couloir pour chaque vol, comme c’est le cas aujourd’hui. Même si la méthode actuelle a permis d’éviter des collisions, l’opération prend du temps et réduit les possibilités de décollage immédiat des drones. Pour pouvoir partager l’espace aérien civil, les drones devront être capables de détecter la présence d’autres appareils et de les éviter. Par ailleurs, les contrôleurs aériens devront disposer de moyens suffisants pour gérer des légions de drones dont les pilotes pourront se trouver à plusieurs centaines de kilomètres de leurs appareils.

Pourquoi envisage-t-on d’ouvrir le ciel aux drones ? D’une part parce qu’ils pourraient renforcer à peu de frais les opérations de surveillance des frontières, comme l’explique Lambert Dopping-Hepenstal, chef de projet de l’Astraea 2 chez BAE. D’autre part parce qu’ils pourraient intervenir dans la surveillance des villes, les opérations de sauvetage et la supervision des cultures agricoles.

Mais les applications à l’étude ne s’arrêtent pas là. 

Une fois que les drones pourront éviter les avions de ligne, on les affectera également au transport du fret. “ Les compagnies de fret tiennent à se débarrasser de leurs pilotes. Les sommes qu’elles économiseraient sur les traitements et avantages, sans oublier les cotisations de retraite et d’assurance-maladie, sont colossales ”, fait remarquer Mary Cummings, ancienne pilote de chasse de la marine américaine, qui étudie aujourd’hui les moyens d’automatiser les systèmes d’aviation à l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT). A vrai dire, les drones militaires comptent déjà d’énormes engins capables de transporter du fret : le plus gros modèle de Global Hawk [drone de surveillance] développé par Northrop Grumman a une envergure de 38 mètres, autant que l’increvable Boeing 737.

Mary Cummings est convaincue que le facteur des coûts s’avérera décisif. Actuellement, les systèmes d’autopilotage et d’autoatterrissage, qui permettent aux avions d’atterrir sur la piste en suivant automatiquement une balise radio, jouent déjà un rôle si important que les pilotes finiront rapidement par être perçus comme superflus, même pour les avions de ligne. “ On n’aura plus besoin de pilotes ayant une formation de 1 million de dollars[700 000 euros]”, soutient-elle.
Selon Carolyn Evans, de la Fédération des pilotes de British Airline, “les drones continueront à avoir besoin de pilotes ayant le même niveau de compétence qu’aujourd’hui, mais il se pourrait qu’ils n’aient plus besoin de copilotes, ce qui, on peut s’en douter, n’est pas vraiment du goût des pilotes ”. 

Accepterait-elle de voyager à bord d’un drone ? 

“ C’est comme pour les services spartiates offerts par certaines compagnies aériennes à bas coût : l’idée ne me plaît guère. Je dirai donc que non, vous ne me verrez pas dans un tel appareil. ” Quant à Mary Cummings, elle n’en démord pas. “ Si l’aller-retour Boston-Los Angeles sur le premier avion de ligne sans pilote ne coûte que 50 dollars [35 euros], les gens se bousculeront pour le prendre ”, prédit-elle.

Source



LORSQU’IL N’Y AURA PLUS DE PILOTE DANS L’AVION


Jean-Michel Normand

Avant de boucler sa ceinture et se laisser emporter dans les airs par un drone, de nombreux obstacles devront être surmontés. Et non des moindres. 

Ceux-ci renvoient à des questions techniques ( assurer la liaison en toutes circonstances avec la base malgré la pénurie prévisible de fréquences hertziennes, parer automatiquement à tout dysfonctionnement ou imprévu ), organisationnelles  faire en sorte que ces drones habités volants soient capables d'éviter par leurs propres moyens les risques de collision en mettant au point un contrôle du trafic aérien largement automatisé ) mais aussi d'ordre psychologique. 

Quelle que puisse être la pertinence des constats mettant en évidence la responsabilité du facteur humain dans les catastrophes aériennes, accepter d'embarquer dans un aéronef dont les pilotes n'engagent pas leur vie en même temps que celle des passagers est une perspective dont il faut bien admettre qu'elle ne va pas de soi. 

Sans compter que la récente vague de démissions de pilotes de drones au sein de l'US Army suggère que ceux qui commandent à distance ces engins volants peuvent, eux aussi, être sujet au stress voire à la dépression. 

Reste que les mentalités évoluent. 

Dans dix ans, la voiture autonome sera probablement une réalité, ce qui devrait faire bouger les choses. Et puis, toutes choses égales par ailleurs, quel usager des transports en commun aurait il y a 30 ans envisagé de gaieté de cœur de monter à bord d'une rame de métro sans chauffeur ?

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