LE DJIHAD EN FRANCE

Et si on parlait des vrais chiffres !
Posté par: Michel Lhomme le: 16/12/2015
MONDE EN ACTION



La situation en France est la suivante : Sur près de 3000 djihadistes européens, 1700 sont français soit 55%.

Leur nombre a triplé en un an. La grande majorité est dans la nature. L’État islamique infiltre ses combattants parmi les migrants. La gestion chaotique par l’Europe du dossier des migrants et l’absence de contrôles aux frontières accélèrent l’arrivée de djihadistes en France. Ces chiffres alarmants sont ceux du Rapport du 2 juin 2015 au nom de la commission d'enquête sur la surveillance des filières et des individus djihadistes (M. Eric Ciotti, Président et M. Patrick Mennuci, Rapporteur. Députés.) Il est consultable sur le site de l'Assemblée. D’après les chiffres communiqués par le ministre de l’Intérieur le 19 mai 2015, 1 683 individus ont été recensés, ce qui représente un triplement depuis janvier 2014. Les chiffres communiqués à la date du 26 mai font état de 1 704 personnes impliquées.

Ce nombre recouvre des situations différentes et on distingue parmi ces personnes :

– 457 individus présents en Syrie ou en Irak, dont 137 femmes et 80 mineurs (dont 45 jeunes filles)
– 320 individus considérés comme en transit entre la France et la Syrie
– 278 individus détectés comme étant repartis de la zone, dont 213 sont revenus en France ; les autres sont principalement localisés en Turquie et dans les pays du Maghreb ; depuis les premières frappes de la coalition en septembre 2014, le nombre de volontaires ayant regagné la France est passé de 121 à 212, soit une progression de 57 %.
– 105 présumés morts dont 8 dans des opérations suicides
– 2 détenus en Syrie 
– 521 ayant des projets de départ.
 
En agrégeant les personnes qui sont présentes dans cette zone, celles qui y sont décédées ou détenues, celles qui sont en transit pour la rejoindre, la France apparaît actuellement comme le principal pays européen de départ, suivie par le Royaume-Uni, avec 700 départs, l’Allemagne, 600, et la Belgique, 250 environ.
 
On note par ailleurs le chiffre stupéfiant de 4091 signalements de radicalisation en 13 mois. Il convient bien sûr d’interpréter ces chiffres avec prudence, dans la mesure où ils ne concernent que les cas de radicalisation ayant fait l’objet d’un signalement, émanant en règle générale de la famille. Ainsi, la part des convertis s’y trouve surreprésentée car les familles de culture arabo-musulmane utilisent moins le dispositif de signalement, ce qui peut être lié à des différences de perception sociale de la radicalisation. La proportion importante de signalements concernant des femmes peut, quant à elle, s’expliquer par une attention plus importante des familles à leur égard.
 
Le profil des djihadistes

Les personnes ayant quitté la France pour la zone irako-syrienne constituent une population jeune. Un nombre croissant de mineurs est concerné, certains adolescents élaborant des projets de départ vers la zone irako-syrienne à l’insu de leur famille tandis que d’autres mineurs, parfois très jeunes, sont partis avec leurs familles. 

Une diversification des profils est observée. Plus de 20 % sont des femmes. Celles-ci sont souvent les épouses de djihadistes ayant accompagné ou rejoint leur mari, parfois avec leurs enfants mais des jeunes filles ont également rejoint la zone irako-syrienne (45 jeunes filles sur 80 mineurs). Par ailleurs, si la majorité des djihadistes est issue de familles de culture arabo-musulmane, plus de 20 % de convertis sont cependant comptabilisés, cette proportion atteignant 25 % s’agissant des femmes.

Illustration en tête d'article : extrait de la couverture de l'ouvrage "La France du Djihad" de François Vignolle , aux éditions du Moment.