ESPAGNE : FIN DU SYSTÈME ANTIFRANQUISTE

Le bipartisme désavoué de l’autre coté des Pyrénées
Posté par: Jean Bonnevey le: 21/12/2015
MONDE EN ACTION



La diabolisation de la période franquiste, toujours d’actualité et fondement de la démocratie bruxelloise espagnole, explique que le populisme national n’arrive pas encore à percer au pays de la réconquista. Cependant  des éléments devraient y concourir, menace sur l’unité du pays, crise économique liée au libéralisme européiste, poussée migratoire et revendications communautaristes.

L’Espagne cependant, c’est déjà quelque chose, ne croit plus au système bipartie d’alternance artificielle. Les dernières élections en apportent la preuve. C’est en Espagne comme dans beaucoup d'autres pays européens, la fin d’un cycle.

Cependant, et contrairement aux analyses de la presse dominante, la droite reste le premier parti d'Espagne, mais l’absence de majorité absolue et l’émiettement des forces va poser problème pour la formation d’un gouvernement.

Mariano Rajoy, est arrivé en tête des élections législatives, dimanche 20 décembre, avec 123 sièges. Incapables d'atteindre le seuil des 176 sièges, synonyme de majorité absolue, le Parti populaire (123 sièges, 28,72%) et le Parti socialiste ouvrier (90 sièges, 22%) ont à peine recueilli, à eux deux, la moitié des suffrages (50,72%). Le PP a réalisé son pire score depuis 1993, et le PSOE le moins bon résultat de son histoire. C’est bien le système qui est rejeté. En cas de blocage, les Espagnols pourraient retourner aux urnes dans quelques semaines.

Arrivé en troisième position, avec 69 sièges et 20,6% des voix, le parti anti-austérité Podemos fait une entrée remarquée au Congrès des députés. Podemos devance nettement l'autre nouveau venu sur la scène politique ibérique, Ciudadanos. Ce parti centriste obtient 40 sièges et 14% des suffrages. Podemos et Ciudadanos ont émergé à la faveur d’une crise sans précédent, qui a secoué non seulement l’économie mais aussi les institutions, ternies par la corruption touchant l’ensemble de l’establishment : partis traditionnels, grandes entreprises, syndicats, et même une fille du roi Juan Carlos. Les deux partis exigeaient une « régénération démocratique » et davantage de transparence de la vie politique pour en finir avec la corruption.

Mariano Rajoy a déclaré qu'il allait tenter de former un gouvernement, sans cacher que les jours à venir seraient difficiles et que des alliances devraient être forgées. Un gouvernement minoritaire Parti Populaire est techniquement possible, mais improbable. Même chose pour une grande coalition entre le Parti Populaire et les socialistes, que les deux partis ont vigoureusement exclue lors de la campagne électorale. Mais l’idée pourrait faire du chemin.

Ce qui existe en Allemagne, ce que certains souhaitent en France n’épargnera pas longtemps l’Espagne. Une union après la connivence des partis du système pour imposer une politique alignée sur l’avatar européen du mondialisme dont les peuples ne veulent pas.

Les peuples le disent dans les urnes…. Mais certains continuent à faire dire ce qu’ils veulent aux chiffres surtout en les manipulant.