La campagne de Strauss-Khan et la rumeur du FMI

Que révèle la petite phrase sibylline de madame?
Posté par: Jean Bonnevey le: 13/02/2011
FUTUROPOLIS



La petite phrase d’Anne Sinclair, madame Strauss-Khan à la ville, n’a pas fini de faire des vagues. En confiant au magazine « Le Point« qu’elle ne souhaitait pas, à titre personnel, que son mari exerce un deuxième mandat à la tête du Fmi, elle a accrédité la probabilité de la candidature à la présidentielle de son mari et favori. Pourtant à la baisse dans les sondages. Hormis à ses partisans rassurés derrière Jean François Cambadélis et à Mélanchon renforcé pour d’autres raisons, cela ne fait plaisir à personne à gauche et au PS. 

Est-ce cela qui explique la mauvaise rumeur circulant depuis quelques jours, en sorte de contre feu ? Que dit-elle ? Que la sortie d’Anne Sinclair peut s’interpréter tout différemment. Elle ne concernerait en réalité pas la présidentielle à proprement parler, mais quelque chose de plus intime touchant à sa vie de couple et à la situation de son mari au siège du FMI. 

Il s’agit en fait d’une allusion appuyée à un trait de caractère (si l’on peut dire) de l’ancien ministre des Finances, volontairement brocardé, parfois avec une certaine méchanceté, par les humoristes et autres chansonniers depuis des années. Strauss Khan est réputé avoir un appétit insatiable pour le sexe faible. Des débuts de procédure judicaires et des indiscrétions répétées n’ont nullement affaibli cette réputation. 

Anne Sinclair voudrait donc, soit mettre un terme à un positionnement international par trop propice à son époux dans tous les domaines. Ou bien ce dernier aurait fini de tellement agacer par ses frasques le personnel et surtout le staff d’une institution très américaine, donc très pudibonde, que son départ ne serait pas vu d’un mauvais œil. Et madame préparerait le terrain.

Attention aux coups au-dessous de la ceinture

On ne prête qu’aux riches. Et le problème des rumeurs c’est qu’elles laissent place à toutes les supputations, difficiles à étayer, tout du moins jusqu’à ce qu’une demoiselle Levinsky estime en avoir assez avalé pour se répandre dans la presse. On conçoit qu’une telle évocation ne soit pas non plus du goût de tout le monde. Mais, quoique moins grave que la rumeur dont fut l’objet, vite lavé, Georges Pompidou en d’autres temps, nous devions nous en faire l’écho.
 
Car cela dénote un climat. Pour Dominique Strauss-Khan, s’il en doutait encore, la route de l’Elysée ne sera pas une séance de canotage sur un long fleuve tranquille. Il va prendre beaucoup de coups au dessus…. et au-dessous de la ceinture. Il n’est pas assuré de la victoire. 

Il aura du mal à abandonner une stature installée pour se jeter dans une mêlée où il sera, un temps, normalisé. Il va devoir se présenter au Ps dans des primaires dont il garde un exécrable souvenir et endosser une large partie d’un programme, qu’il n’approuve certainement pas, en tout cas au fond de lui-même. Et un échec ou une mauvaise campagne ternirait un parcours jusque là réussi. 

De ce que l’on connaît de l’homme, cela pourrait le faire hésiter sinon renoncer. Le temps joue d’ailleurs contre le président du FMI, bloqué par le calendrier de l’institution internationale. François Hollande monte dans les sondages et Ségolène Royale reste à un niveau qui préserve encore ses espoirs. Pour une partie de la gauche, et surtout de la gauche de la gauche, il faut décourager le new-yorkais, assuré de perdre au second tour, faute d’un bon report de l’électorat anti-capitaliste et anti-libéral.

Or décourager Strauss-Khan c’est l’affaiblir pour le fragiliser, transformer son hésitation en doute et en image négative. « On » exploite pour cela une hyperactivité, différente de celle du président Sarkozy, en l’encourageant à faire don de sa personne à Anne plutôt qu’à la France. Trop content de le voir passer avec elle de belles et longues vacances au Maroc… Puisque le président du FMI a toujours, semble-t-il, le droit de s’y rendre.