Metamag - Le magazine de l'esprit critique
Mercredi 20 septembre 2017
Laissez vos commentaires
Entrez votre pseudo:
Entrez votre e-mail: 
Votre commentaire:


Nombre de commentaires pour cet article: 1

Par: Robert41 le 01/06/2015


Merci, à l'auteur de ce billet plein de fraîcheur . Il nous éveille à une homonymie déductive, dans son historique, son interprétation et sa fonction. Cette pierre de stèle, qu'on désigne : - République ! - Peut-elle se contenter d'une ambiguïté politique ? - D'une partialité ?  D'autant, quand le décideur, n'a jamais daigné respecter dans sa fonction présidentielle, le sens commun qui rassemble, soit sur une idée, soit sur une décision ou soit sur un engagement. Nous assistons, avec cet hygiéniste sémantique, à une énième théâtralisation politique. Elle se nourrit d'une intention, d'un style et de l'arbitraire. - Gardons-nous de ce précepteur d'estrades, qui nous enseigne les règles de conduite afin, de se mirer lui-même, dans le miroir du politiquement correct
Microcosme

Accueil >> Microcosme
DE QUOI LES RÉPUBLICAINS SONT-ILS DEVENUS LE NOM ? - Oui à la République de Platon, non à celle de Sarkozy

DE QUOI LES RÉPUBLICAINS SONT-ILS DEVENUS LE NOM ?


Oui à la République de Platon, non à celle de Sarkozy




le

Se dire républicain ne veut plus rien dire. Cela signifie avant tout être démocrate. Mais il y a des monarchies bien plus proches des définitions de la démocratie que bien des républiques.

Les républicains 2015 seraient donc, en fait et pour simplifier, de bons Français hostiles aux socialistes et faisant barrage aux méchants du Fn.

Comme il n’y a pas en France de Parti du nom de "monarchistes", de "totalitaires" ou de "la nation aryenne", les républicains ne peuvent s’opposer à personne. Même le parti des "musulmans en France" se dit républicain.

Ce nom ratisse trop large. Il aurait fallu préciser. Le mouvement national républicain de Bruno Mégret était lui plus national que républicain, comme les nationaux-socialistes étaient, eux, nazis bien au delà des nationaux et des socialistes. Quand aux « républicains » allemands, c’était un cache nez pour des révisionnistes allemands nationalistes ne reniant rien et conduits par un ancien SS.

Que va mettre Sarkozy dans ce terme?

Le goût du travail, de l’effort et la défense de la laïcité….En tout cas comme d’habitude dans le discours.  Mais le retour aux références romaines n’est certes pas pour demain, car les vertus républicaines fondatrices sont incompatibles avec la décadence-dégénérescence de notre société individualiste, exhibitionniste et profiteuse.

Le mot « république » vient du latin res publica qui signifie au sens propre « chose publique » et désigne l’intérêt général puis le gouvernement, la politique et enfin l’État. Comment revenir à l' intérêt général quand les individualités sont sacralisées.

Au moment de la Révolution française, en référence à la République romaine qui s’est établie à la suite de la monarchie, le régime politique qui fait suite à l’Ancien Régime est baptisé « république » en référence à l'idéal de gouvernement romain. On a vu le résultat.

La république peut être un empire et avoir un empereur, comme César qui en mourut ou Napoléon Bonaparte qui se considérait comme Empereur de la République française. Mais, à l’origine, la République est un sursaut civique contre la démocratie condamnée à se pervertir. Platon fait la critique de la démocratie dans sa dégénérescence en démagogie et en tyrannie à cause de l'attrait qu'exerce le prestige du pouvoir.  Aujourd’ hui c’est devenu pire avec l’avidité liée à la tyrannie du fric..

D’ailleurs pour Jean-Jacques Rousseau, tout régime légal est républicain et donc pas forcément démocrate. Dans "Du contrat social", il la définit comme « tout État régi par des lois, sous quelque forme d'administration que ce puisse être ; car alors seulement l'intérêt public gouverne et la chose publique est quelque chose. Tout gouvernement légitime est républicain. » Le terme est clairement synonyme de « gouvernement », de « bonne gouvernance ». Plusieurs courtisans du XVIIIe siècle écrivent des poèmes où ils louent la bonne gestion par Louis XIV de la république. Rien n’est jamais simple.

Le régime de Vichy est fondé en opposition avec la République qui avait, aux yeux des partisans du Maréchal Pétain, provoqué la décadence, mère de la défaite humiliante du pays. Le nom officiel du régime politique est alors « État français ». Du fait de cette assimilation, profondément ancrée entre « république » et « démocratie », les deux mots sont devenus synonymes.

Là aussi, il s’agit d’une subversion sémantique.

On peut donc être républicain sans être démocrate et démocrate en étant monarchiste sans être républicain. On peut être républicain et critiquer la démocratie ou sa forme actuelle. Tout cela pour montrer que cette appellation est une auberge espagnole et que même les  partisans d’un totalitarisme préconisant des exclusions ethniques ou sexuelles peuvent se dire républicains s’ils sont aux affaires légalement pour une gouvernance d’intérêt général. Aie !

Finalement cela aurait été si simple de faire coexister l’appellation avec les mœurs de notre belle démocratie républicaine. Les Ripoublicains, pas mal non ?

Imprimer cet article
Envoyer à un ami
Microcosme