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Mercredi 22 novembre 2017
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JEAN-MARIE LE PEN : L’EXCLUSION EUROPEENNE - Le groupe formé par Marine n’en est pas plus politiquement correct

JEAN-MARIE LE PEN : L’EXCLUSION EUROPEENNE


Le groupe formé par Marine n’en est pas plus politiquement correct




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Semblant ne pas vouloir exclure le patriarche du parti qu’il a fondé, sa fille aura tout de même fait plaisir aux philippistes en le rejetant du nouveau groupe fondé au parlement européen. Jean- Marie Le Pen, n'en fera pas partie pas plus que son fidèle Bruno Gollnish, ce dernier toujours aussi conciliant par ailleurs. « J’ai été élu sur une liste avec Jean-Marie Le Pen : on m’a dit qu’il n’y serait pas, je n’y serai pas non plus », fait valoir M. Gollnisch. « Mais je voterai comme le groupe, c’est fait en bonne intelligence avec Marine Le Pen. » En 2007, le député européen avait présidé l’éphémère groupe Identité, tradition et souveraineté. Depuis, le FN avait toujours siégé parmi les non-inscrits. L’ancien président de la délégation FN, Aymeric Chauprade, ne fait pas non plus partie des signataires de la demande déposée à la présidence du Parlement, mais son assistant assure que c’est parce qu’il est en déplacement aux Fidji. La présidence du groupe, nommé Europe des Nations et des Libertés, sera assurée par Mme Le Pen et le Néerlandais Marcel de Graaff.

Florian Philippot, le numéro deux du FN, a donc eu l’honneur si l'on ose dire d’annoncer que le fondateur du FN Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch ne seraient pas inclus dans ce groupe parlementaire dont la présidente du parti, Marine Le Pen, a dévoilé la composition ce mardi à Bruxelles.
 
Voilà maintenant la dédiabolisation par la réprobation du père au niveau européen. C’est une vaine manœuvre, car la presse s’est empressée de dire et d’écrire que, même sans le fondateur, les partenaires de Marine étaient des infréquentables.

Si elle avait le nombre d'élus nécessaires (37), Marine Le Pen n'était jusque-là parvenue qu'à rassembler ses alliés « historiques » que sont le Parti pour la liberté néerlandais (PVV), le Parti de la liberté autrichien (FPÖ), la Ligue du Nord italienne et le Vlaams Belang flamand (Belgique). Soit seulement cinq nationalités représentées alors que pour former un groupe, il faut au moins 25 élus de 7 nationalités différentes. C'est désormais chose faite grâce au ralliement de Janice Atkinson, ancienne du parti britannique Ukip dont elle avait été exclue en mars, et de Michal Marusik et Stanislaw Zoltek, qui ont selon Mme Le Pen « clairement rompu » avec Janusz Korwin-Mikke, le  trop extrémiste selon elle ancien président du parti d'extrême droite polonais KNP.
 
Le nouveau groupe sera coprésidé par Marine Le Pen et Marcel de Graaff, du PVV néerlandais, un des alliés « historiques » de la responsable frontiste au Parlement européen. Le poste de trésorier revient à Gerolf Annemans, élu du Vlaams Belang.

« C'est un jour historique. Nous sommes sept pays unis contre la Commission européenne », a commenté Mme Atkinson, eurodéputée du sud de l'Angleterre depuis 2014 et qui avait été exclue de l'Ukip fin mars à la suite de soupçons de notes de frais trafiquées visant une de ses principales collaboratrices à Bruxelles.

C’est surtout un  jour important financièrement. C’est aussi la possibilité de revendiquer des présidences de commissions ou de sous-commissions. Un groupe donne l'assurance de recevoir des subventions de l'Union Européenne sur la durée de la législature, hors salaires et avantages des députés…. Un financement, dit Marine, qui n’est pas européen mais lié aux électeurs. Ce qui se discute.

La mise à l’écart de Jean-Marie Le Pen aurait, paraît-il, facilité les nouvelles adhésions….. Mais si Marine croit que la Ligue du Nord est, pour les médias européens, plus fréquentable que son paternel et que son groupe va être traité maintenant comme les autres aux cotés des Hollandais et des Autrichiens venus des droites extrêmes, elle persévère certes dans la ligne Phillipot mais dans l’erreur.

Ce qui est utopique à Paris est impossible à Bruxelles.
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