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Par: lector le 16/07/2015


Pourquoi rien ne remplace la lecture

 

   Marcel Proust a souligné que c’est dans la solitude particulière qu’est la lecture que nous pouvons le mieux tirer profit de la pensée d’autrui. Toute pensée est en effet souvent mieux formulée par écrit qu’oralement, et en la lisant on a le choix du rythme d’ « écoute », le texte étant conservé, et donc aussi la possibilité de répétitions et donc de retours exacts, tous éléments facilitant à la fois la concentration, la compréhension et l’assimilation.

   « Notre mode de communication avec les personnes implique une déperdition des forces actives de l’âme, que concentre et exalte au contraire ce merveilleux miracle de la lecture qui est la communication au sein de la solitude ».

   Loin de regretter de n’avoir pas connu des auteurs dont les œuvres sont ses livres de chevet, comme Saint-Simon ou Chateaubriand, Proust estime que leur fréquentation l’aurait déçu, car les défauts de l’homme, ses faiblesses ou ses mesquineries auraient diminué pour lui la grandeur de l’œuvre :

   « … mais si tous les morts étaient vivants, ils ne pourraient causer avec nous que de la même manière que font les vivants, et une conversation avec Platon serait encore une conversation, c’est-à-dire un exercice infiniment plus superficiel que la lecture, la valeur des choses écoutées ou lues étant de moindre importance que l’état spirituel qu’elles peuvent créer en nous et qui ne peut être profond que dans la solitude et dans cette solitude peuplée qu’est la lecture. »

   «  … la conversation est une divagation superficielle qui ne nous donne rien à acquérir ». L’inspiration, la pensée profonde, le choc spirituel ne sont possibles que dans le solitude.

   « La lecture ne saurait être assimilée à une conversation, fût-ce avec le plus sage des hommes ; ce qui diffère essentiellement entre un livre et un ami, ce n’est pas leur plus ou moins grande sagesse, mais la manière dont on communique avec eux, la lecture, au rebours de la conversation, consistant pour chacun de nous à recevoir la communication d’une autre pensée, mais tout en restant seul, c’est-à-dire en continuant à jouir de la puissance intellectuelle qu’on a dans la solitude et que la conversation dissipe immédiatement, en continuant à pouvoir être inspiré, à rester en plein travail fécond de l’esprit sur lui-même. »

   « … ce qu’il faut donc, c’est une intervention qui, tout en venant d’un autre, se produise au fond de nous-mêmes ; c’est bien l’impulsion d’un autre esprit mais reçue au sein de la solitude. Or nous avons vu que c’était précisément là la définition de la lecture, et qu’à la lecture seulement elle convenait. »                                

                                                         

                                                                                     ###

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AIMEZ-VOUS LIRE ? - Peut-être distinguera-t-on deux classes d'hommes, les uns formés par la télévision, les autres par la lecture. [Ernst Jünger]

AIMEZ-VOUS LIRE ?


Peut-être distinguera-t-on deux classes d'hommes, les uns formés par la télévision, les autres par la lecture. [Ernst Jünger]




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modifié le 27/07/2015 à 21:28h

L'écrivain péruvien, Mario Vargas Llosa, Prix Nobel 2010, dans son discours de Stockolm a fait l’éloge de la liberté et de la lecture: «La lecture transformait le rêve en vie et la vie en songe, en mettant à la portée du petit bonhomme que j’étais l’univers de la littérature. Ma mère me raconta que les premières choses que j’écrivais étaient les suites des histoires que je lisais, parce que j’étais triste qu’elles finissent, ou que je voulais en corriger la fin. Et c’est peut-être cela que j’ai fait toute ma vie sans le savoir : prolonger dans le temps, alors que je grandissais, mûrissais et vieillissais, les histoires qui avaient rempli mon enfance d’exaltation et d’aventures». Gallimard réédite "Conversation à la Catedral" (son roman préféré), un essai décapant dans lequel il tire la sonnette d'alarme sur notre triste "Civilisation du spectacle", et son dernier roman "Le Héros discret".
"La Civilisation du spectacle"- "Conversation à la Catedral" - "Le Héros discret" - Mario Varga-Llosa - (Ed. Gallimard)


Entre 1954, date de son premier tour, gagné par Louison Bobet, et 1982, son dernier tour, gagné par Bernard Hinault, l'auteur du "Singe en hiver" a écrit plus de 500 chroniques dans le journal L'Equipe.  Le Hussard se retrouve en pleine lumière et les amoureux du vélo et du Tour de France les années fastes de la petite reine. L'ouvrage est l'occasion de présenter le CD: " Blondin en chansons": Pierre Barouh,  Alain Leprest et  Christian Terlaud avec un texte mis en musique par Pierre Jean des Haricots Rouges. Plus deux textes de Blondin lus par son petit fils, Symbad de Lassus...
"Antoine Blondin la légende du tour" - Collectif - (Ed. du Rocher)


Peut-on habiter la très huppée place des Vosges et  rêver d'avoir pour "compagnon" un mouton ? Ca "fait tâche" ! L’apôtre de la cause du mouton parisien ira jusqu’au bout pour prouver que vivre en couple avec un animal qui bêle n’est pas plus absurde que de s’abêtir avec un humain qui parle ! Un vrai régal, si je puis dire, ce mouton qui brave un syndic de copropriétaires plus vrais que nature... Catherine Siguret, dans la vraie vie : nègre de people et autres faux écrivains se doit de garder sa plume pour elle (et surtout pour nous !) tant elle est belle et joyeuse donc : à contre-courant ! Un roman poétique aussi... Quand aux copropriétaires ils sont passés au vitriol et ça, croyez-moi "ça fait sacrément plaisir !" A brouter de toute urgence et sans modération !
Le "Mouton de la place des Vosges" de Catherine Siguret  (Albin Michel)
Personne n'en parle (une bonne raison de le lire !)




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