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Mardi 21 novembre 2017
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Par: Robert41 le 14/10/2015


L'euthanasie doit être une liberté ultime, que notre société doit admettre au demandeur conscient et qui en fait la demande. Cette liberté repose sur le droit de mourir, quand aucune possibilité médicale ne peut plus être tentée. Notre société autorise bien d'arrêter un processus de vie par l'avortement, pourquoi n'y aurait-il pas une réciprocité pour un malade conscient de sa finalité dégradante ? - Dans le cas particulier, des personnes en fin de vie et inconscientes. - Il semble évident que cette procédure médicale particulière doit reposer sur une demande express de la famille, impliquant l'époux ou l'épouse, les parents et les enfants dans l'âge du discernement. Cette demande familiale doit être unanime et doit reposer sur une tripartie décisionnelle, entre la famille, le Corps médical et le Corps judiciaire qui donne un avis exécutoire ou pas.  
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Par: Maximilien le 13/10/2015


Monsieur Randa, cette question occupe mon esprit depuis pas mal de temps et nos avis convergent pour les mêmes raisons. Ce qui y fait obstruction en France, c'est la perception qu'a la société de la dignité humaine. Un sujet extrêmement délicat. 
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Par: le 13/10/2015


Absolument parfait. Tout est dit, sans pathos ni intervention du phénomène religieux (qui, lui-même, devrait n'être que purement individuel), avec une excellente conclusion... et, l'ensemble, en peu de mots. Félicitations. 
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EUTHANASIE : L’OBLIGATION D’UN CHOIX « POUR SOI » -

EUTHANASIE : L’OBLIGATION D’UN CHOIX « POUR SOI »





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Avec le nouveau procès en appel de l’ex-urgentiste Nicolas Bonnemaison – acquitté en première instance, mais rejugé cette semaine pour avoir abrégé la vie de sept patients en phase terminale – nous voilà donc passé du procès de l’acharnement thérapeutique au procès de l’acharnement judiciaire.

Et quel que soit le prochain verdict – confirmation de l’acquittement ou condamnation – gageons que chacune des parties continuent ensuite à affûter ses sempiternelles arguments sur les conditions acceptables ou non de la fin de vie d’un être humain.

Ce débat qui revient désormais régulièrement sur la place publique française illustre une fois de plus que la France est un pays baignant dans un climat de guerre civile quasi-permanent, climat d’autant plus facilité, concernant les limites et conditions d’une pratique de l’euthanasie, que la législation française reste malheureusement dans le flou, contrairement à ce que certains croient.

La fameuse Loi Léonetti qui l’encadre est truffée de mots laissant libre-champ à toutes les interprétations possibles, principalement l’expression « obstination déraisonnable ».

Car qui peut être juge de la raison ? Les membres proches de la famille souvent opposés entre eux (Cas Vincent Lambert) ? Le corps médical tout autant divisé (un malade serait alors changé d’hôpital pour une interruption de son traitement) ? Les politiciens, associations et avocats qui interviennent souvent par simple calcul électoral, existentiel ou financier ?

La Justice doit encadrer de façon stricte la fin de vie, afin d’empêcher toutes les dérives inacceptables de tous ceux qui entendent décider du choix ultime pour d’autres qu’eux-mêmes ; que ce soit au nom d’ukases religieux pour les uns ou de leur « âme et conscience » pour les autres.

Mais fustiger tous les protagonistes de la question est somme toute facile… Que faire alors concrètement ?

Simplement affirmer que la liberté des valeurs ou des principes  étant un droit fondamental pour toute personne humaine, la décision – pour soi-même – de « cesser l’administration d’un traitement » est non seulement une liberté individuelle, mais un droit pour tout citoyen dans une société où la laïcité est reconnue ; de même, que la décision contraire de refuser – toujours pour soi-même – que « cesse l’administration d’un traitement » est tout autant une liberté individuelle qu’un droit pour tout citoyen dans une société où la liberté de religion est reconnue.

Fort de ce postulat, pourquoi ne pas rendre obligatoire pour chaque citoyen français adulte, en possession de tous ses moyens physiques et mentaux, de faire connaître sa décision – pour soi-même – concernant sa propre fin de vie au cas où il se retrouverait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté ; cette simple mesure ne réglerait sans doute pas tous les cas qui se poseraient, mais assurément la plus grande majorité d’entre eux.

Illustration en tête d'article : partie de la sculpture du Bernin ( 1598-1680) réalisé à la fin de sa vie en 1674, représentant l'agonie de Ludovica Albertoni (Église San Francesco à Ripa).
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