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Jeudi 19 octobre 2017
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Par: Robert41 le 24/10/2015


L'Outre-mer serait-elle sous l'effet du réflexe de Pavlov ? Aide, assistance, fonction publique, sont-elles devenues la clé d'une politique unique ? Finalement, les indépendantistes sont plus courageux. Ils osent sortir de cette vieille emprise du laitier pour ordonner leur destin et leur autonomie. Comment se fait-il qu'une République déclarée : Patrie des droits de l'homme, puisse avoir encore des "colonies" ? Certains, diront des territoires, mais ne nous leurrons pas, il s'agit bien dans la réalité de colonies.
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L'OUTRE-MER VOTERA SOCIALISTE - Elle sera bien la seule !

L'OUTRE-MER VOTERA SOCIALISTE


Elle sera bien la seule !




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Une réunion de ministres s’est tenue ce 15 octobre à l’Hôtel de Matignon, sous la présidence de Manuel Valls. Le Premier ministre y a réaffirmé l’ambition du Gouvernement d’organiser le retour de l’État en Outre-mer. La réunion était exceptionnelle puisqu'elle impliquait la convocation de tous les ministères, de l’ensemble des services de l’État, sous la coordination de la ministre des outre-mer, George Pau-Langevin. 

Cette réunion avait pour but de faire un tour d’horizon de l’ensemble des enjeux, économiques, sociaux, éducatifs et culturels de l'Outre-mer français arguant du fait que les outre-mer disposent de toutes les richesses pour y faire émerger le modèle économique du XXIème siècle, le modèle de la COP 21, respectueux de l’environnement et de la biodiversité. Nonobstant, comment ne pas voir dans cette convocation en pleine  fin de règne une réunion avant tout électoraliste, sachant que tous les départements et territoires d'Outre-mer risquent d'être, à l'exception de Mayotte, le seul réservoir de voix du Parti Socialiste, en dehors des immigrés de banlieues.

L'Outre-mer le sait bien et sa Ministre, travailleuse et sérieuse a bien compris et saisit d'ailleurs cette opportunité pour son Ministère. Elle obtient tout. On ne touchera pas pendant deux ans aux avantages de l'Outre-mer et au budget de la rue Oudinot. Sur le plan économique, le Gouvernement va jusqu'à réaffirmer sa volonté de consolider les aides fiscales à l’investissement. En gros, les défiscalisations sont maintenues. Conformément aux engagements du Président de la République, la France défendra le principe d’une adaptation de certaines règles européennes aux réalités des outre-mer. Dans le secteur du logement social, le Premier ministre a souhaité que l’effort de simplification soit accéléré et se traduise par un allègement des formalités demandées aux opérateurs dans les procédures d’agrément. Un groupe de travail intégrant les bailleurs sociaux sera installé et devra aboutir à des propositions concrètes avant la fin du mois de novembre. On fait donc vite et pour une fois bien. La stratégie nationale de « santé outre-mer » sera officialisée d’ici la fin de l’année. Par ailleurs. à Mayotte, les ministres travailleront ensemble à des mesures permettant de renforcer la protection de l’enfance dans le respect des compétences dévolues au Conseil départemental (délicat problème des jeunes adolescents errant seuls en bande dans la brousse de l'île parce que leurs parents ont été expulsés sur l'île d'Anjouan ou aux Comores). Le Gouvernement a rappelé son attachement à la vocation exclusivement ultramarine de la chaîne France O, malgré son déficit et sa faible visibilité. Compte tenu de la place des récifs coralliens dans les espaces maritimes français et de leur rôle dans la biodiversité marine, le Premier ministre a aussi décidé de proposer la candidature de la France au secrétariat de l’International Coral Reef Initiative (ICRI) pour la période 2016-2018. C'est donc bien à une réunion spéciale, extraordinaire sur l'Outre-mer auquel on a assisté cette semaine pour amplifier ce que Manuel Valls a appelé avec sa Ministre un « grand rattrapage ». 

Bien sûr tout s'est fait au nom de l'idéologie : « La République, en faisant, en 1946, de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Réunion et de la Guyane, des départements, a fait une promesse: celle de l'intégration, celle de l’égalité », a déclaré le Premier ministre, lors d'une conférence de presse à Matignon. Un contrat plan Etat-région a été signé pour la Martinique (419 millions d’euros, pour un total de 865 millions d'euros pour les départements ultramarins). Et on a sans sourciller enterré le rapport de la Cour des Comptes 2014 sur les indexations de salaires des fonctionnaires en Outre-mer ainsi que les mises en garde de Bruxelles sur les défiscalisations pour lequel d'ailleurs la France pourrait être attaquée. Au contraire, la réunion ministérielle a été l'occasion pour le gouvernement de réaffirmer sa volonté de consolider les aides fiscales tout en avouant qu'elles ne « sont pas toujours bien comprises par Bruxelles », selon la formule bien choisie de la ministre des outre-mer, George Pau-Langevin. Le gouvernement a semble-t-il aussi décider de renflouer de nombreux établissements de santé (cas par exemple de la situation déplorable des hôpitaux de Saint-Martin et de Papeete) et les systèmes d'assurance-maladie  déficitaires comme la CPS en Polynésie française.

Métamag a toujours défendu l'Outre-mer. C'est même une des spécificités du site comme celle de parler des peuples menacés. Nous sommes convaincus depuis toujours de l’importance de ces territoires français dans ce qui nous paraît un des seuls avenirs stratégiques possibles du pays : la maritimisation de sa puissance mais il faut à l'Outre-mer une nouvelle politique, une politique efficace de rupture avec l'assistanat ambiant ou l'économie de comptoir. Il faut pour l'Outre-mer un projet d'innovation et de responsabilisation, un cadre de rayonnement des territoires pour leur importance écologique mais aussi humaine, en évitant ainsi les maladresses d'une Nadine Morano. Les ressources minières terrestres (Guyane) mais aussi sous-marines (méthane et métaux rares) doivent faire l'objet d'investissements immédiats et conséquents. Entre le nickel de Nouvelle-Calédonie, l’or de Guyane et les ressources minières de l’océan Pacifique, le sujet mérite d’être immédiatement creusé.
 
En tout cas, ce sommet aura permis de lever sur place toutes les inquiétudes surtout pour les grands patrons et la caste locale, contents de voir la défiscalisation prolongée jusqu’en décembre 2018. Aucun avantage ne sera rogné. Nous vous l'avions prédit. On votera socialiste en 2017 et en cas de vote étroit, comme en d'autres temps, le vote Outre-mer peut faire la différence. Nous ne comprenons pas d'ailleurs que le premier Parti de France n'ait pas encore nommé son Monsieur Outre-mer. François Hollande lui a bien compris qu'il a un besoin urgent d'électeurs et qu'importe pour cela si les déficits se creusent. Paris ne vaut pas une messe mais vaut bien Tahiti ou les cocotiers de Guadeloupe mais pour tout l'Outre-mer, on perd en réalité encore trois ans à concevoir un vrai dispositif alternatif pour des territoires arrosés mais en fait quand on les regarde de plus près délaissés et naufragés.

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