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Par: raphael le 18/11/2015


Sur la page Wikipédia en anglais de ce personnage il est écrit que Al-Qaida a communiqué deux fois en mars 2014 puis en avril 2014 pour dire qu'il était toujours en prison.
Dérapages

Par: raphael le 18/11/2015


"Bachar el-Assad le relâchera en 2011 afin de propager les idées djihadistes parmi les manifestants qui s’opposent à lui dans la rue." Je ne comprends pas où Bachar y trouve un bénéfice. 

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IL A ÉCRIT LA BIBLE DES DJIHADISTES - Le

IL A ÉCRIT LA BIBLE DES DJIHADISTES


Le " Troisième djihad "




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Les attentats de vendredi soir appliquent les méthodes prônées par Abou Moussab al-Souri, idéologue du «troisième djihad». Abou Moussab al-Souri a rencontré pour la première fois Ben Laden au début des années 1990. Il est aujourd’hui considéré comme l’« architecte du djihad global », selon les mots du chercheur norvégien Brynjar Lia. Abou Moussab al-Souri s’est beaucoup documenté pour écrire son « Appel à la résistance islamique mondiale». Il aurait notamment étudié de près les guérillas de gauche, comme celle menée par Fidel Castro.

Personne ne sait où il est. Et pourtant, son influence est grande. Les attentats de Paris perpétrés vendredi soir portent sa marque. Mustafa Setmariam Nassar, 58 ans, s’est choisi pour nom de guerre Abou Moussab al-Souri (le Syrien). Né à Alep, il a obtenu la nationalité espagnole par mariage. Il a notamment participé avec les Frères musulmans au soulèvement de Hama en 1982 et assisté à l’écrasement du mouvement par les forces de Hafez el-Assad. Appartenant à la garde rapprochée d’Oussama ben Laden, il a fui l’Afghanistan en raison de l’offensive américaine lancée après le 11 septembre 2001. Il a été arrêté par les services secrets pakistanais en 2005, avant d’être remis aux Etats-Unis qui, à leur tour, l’ont livré à Damas en 2011. Bachar el-Assad le relâchera en 2011 afin de propager les idées djihadistes parmi les manifestants qui s’opposent à lui dans la rue.

La notoriété d’Abou Moussab al-Souri a surtout grandi avec la publication sur Internet en décembre 2004 d’un pavé de 1600 pages. «Appel à la résistance islamique mondiale» est devenu le livre de chevet des apprentis djihadistes. Il prône l’avènement d’un troisième djihad. Celui-là même qui a inspiré Mohammed Merah en 2012 à Toulouse, les frères Tsarnaev en 2013 à Boston, Medhi Nemmouche en 2014 à Bruxelles, Amedy Coulibaly en janvier dernier à Paris ou encore les auteurs des attentats de vendredi soir. Dans ce manuel, Abou Moussab al-Souri expose sa théorie qui va à l’encontre d’un terrorisme spectaculaire et des attentats du World Trade Center, dont les conséquences ont été catastrophiques à ses yeux (augmentation des crédits militaires aux Etats-Unis, invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, démantèlement d’une partie d’Al-Qaida). Critique à l’égard de Ben Laden, il milite pour de nouvelles cibles. Pour lui, les Etats-Unis sont trop puissants et éloignés. Il faut frapper l’Europe, «ventre mou» de l’Occident.

Pas de commandement central

Autre tournant stratégique: il soutient des attentats commis par de petites cellules indépendantes d’un commandement central, difficilement repérables par les services de renseignement. Il s’agit donc d’un djihad horizontal, sans structure pyramidale, qu’il nomme «nizam la tanzim» (un système et non une organisation). Cela revient à privilégier l’autoradicalisation et un endoctrinement via les réseaux sociaux. Et non via des personnes physiques, comme des imams, car elles sont surveillées.

Il veut enfin monter les groupes les uns contre les autres au sein des sociétés occidentales pour obtenir à terme une guerre civile. Pour cela, il mise sur la xénophobie et les discriminations dont sont victimes les communautés musulmanes vivant en Europe. Abou Moussab al-Souri aimerait mobiliser ces personnes pour qu’elles détruisent l’Occident directement de l’intérieur. En multipliant attaques et provocations, il prévoit que l’islamophobie se renforcera, poussant davantage de musulmans à s’engager du côté des plus radicaux. Mais selon le politologue Gilles Kepel, cité par Le Monde, la faille de cette stratégie pourrait se situer dans ces attentats aveugles car les djihadistes touchent aussi « leurs coreligionnaires qu’ils veulent enrôler dans leurs rangs ». Difficile d’obtenir leur appui s’ils figurent parmi les victimes.

Mahmoud Mohamedoud, directeur-adjoint au Geneva Center for Security Policy et professeur associé à l’Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID), relativise tout de même cette influence d’Abou Moussab al-Souri sur les attentats de vendredi. « Elle est indéniable, mais de manière indirecte, diffuse sur la galaxie Al-Qaida, et ensuite sur l’Etat islamique. Al-Baghdadi (ndlr: le leader de l’organisation) a mis à jour ces écrits qui datent tout de même de 11 ans. Aujourd’hui, l’impact d’Abou Moussab al-Souri est surtout visible dans l’importance accordée à une stratégie inscrite dans la durée.»

Le chercheur remarque que si l’Etat islamique ne s’est pas encore attaqué aux États-Unis, c’est qu’il n’en a peut-être pas eu l’opportunité. Il rappelle d’ailleurs la fusillade qui a échoué au Texas en mai dernier lors d’un concours de caricatures de Mahomet. Pour lui, les attentats de Paris font partie d’une stratégie beaucoup plus vaste de l’État islamique qui s’organise sur trois volets. Premièrement, la gestion des villes qu’il tient en Syrie et en Irak. Deuxièmement, des opérations régionales, comme les attaques survenues en Arabie saoudite, au Yémen, en Tunisie ou en Libye. Enfin, et c’est la nouveauté: un troisième cercle de résonance internationale, avec l’avion russe touché le 31 octobre et maintenant la capitale française.
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