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Jeudi 20 juillet 2017
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Nombre de commentaires pour cet article: 3

Par: Proudhon le 26/11/2015



Affirmer que le "radicalisme des banlieues" est due à un marché du travail jugé trop rigide est, pardonnez le terme, "de la foutaise". Je ne développerai pas ici.

 

Je suis en désaccord total avec cet article. Il aurait plutôt fallu se demander pourquoi les socialo-maçonniques sont en train de démanteler (Sarkozy avait commencé, il est vrai), morceau par morceau, le droit social français.

Si le progrès c'est le "droit social" anglais ou allemand, et les "les salariés d'une heure", pourquoi ne pas commencer par vous même ?! La rédaction : D'une part, tous nos collaborateurs sont bénévoles et donc nous ne voyons pas comment être le salarié d'une heure. D'autre part, sur METAMAG nous recherchons avant tout le débat et non les affirmations péremptoires...pourquoi ne pas développer votre opinion sur le code du travail.

 

 

 

 

 

 

Grand marché

Par: kralgral le 26/11/2015


Le concept de discipline budgétaire ne peut s'appliquer à la France. La France c'est "Charlie" la France c'est "Paris" c'est des "interventions" militaires" , c'est "sortez les drapeaux", mais ce ne peut pas être : diminuer la dette, et encore moins diminuer les frais de fonctionnement de l'Etat.
Le seul soucis est de mobiliser les électeurs en vue des prochaines élections, et leur faire oublier les chocs fiscaux inutiles, le soutien à une immigration massive, les pertes de pouvoir d'achat, le chômage, les réformes idéologiques, et autres errements......
  Votons donc,   en évitant de se faire manipuler.........


Grand marché

Par: Yves le 26/11/2015


Remarquable analyse de Michel Lhomme qui nous éclaire sur notre (sombre) avenir proche. C'est la vérité et les conséquences en seront très douloureuses.
Grand marché

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LA FRANCE ET LA GRÈCE - État d'urgence ou nécessité de sauvetage

LA FRANCE ET LA GRÈCE


État d'urgence ou nécessité de sauvetage




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C’est le scénario le moins favorable mais pourtant le plus réaliste: il faut 14,4 milliards d’euros à l'Europe. Ce sont exactement les besoins en argent frais estimés par la Banque centrale européenne pour recapitaliser les quatre principales banques grecques . Des montants qui se situent dans le bas de la fourchette prévue par le plan de sauvetage de la Grèce. Soyons clair . L'argent frais dans les salles de marché européenne provient d'attaché-case made in Arabie Saoudite ou Qatar. Nous sommes dépendants de ces pays, en réalité nous leurs sommes pieds et mains liés.

Ce week-end, les créanciers de la Grèce ont donné après plusieurs semaines de négociations leur feu vert pour le transfert d'une enveloppe de deux milliards d'euros, à Athènes. C'est en tout cas ce qu'a annoncé Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe, dans la nuit de samedi à dimanche. Le Mécanisme européen de stabilité (MES) a ainsi approuvé ce lundi le versement d'un montant de deux milliards d'euros à Athènes. Cette somme est destinée aux finances publiques grecques, au fonctionnement quotidien de l'État sinon c'était pour Athènes le dépôt de bilan, la faillite pure et simple. Parallèlement, dix milliards d'euros supplémentaires seront libérés pour la recapitalisation des banques helléniques en manque de liquidités L'opération devait initialement avoir lieu vendredi, mais les dix-neuf pays de la zone euro n'étaient pas parvenus vendredi soir à un compromis. Les diplomates précisent que seuls quelques points de détails restent encore à régler. On en a peu parlé - attentats de Paris oblige - mais cette nouvelle aide financière a été libérée après d'intenses négociations entre Athènes et ses créanciers quant aux réformes exigées. Les nouvelles mesures d'économies sont en fait un énième plan d'austérité qui avait déjà reçu l'approbation de la Vouli (le Parlement grec).
 
Pourquoi parler aujourd'hui de la Grèce alors que nous ne pensons qu'aux attentats et au terrorisme ? 

C'est que ce sauvetage qu'on peut dire manqué de la Grèce, anticipe ce qui nous attend très prochainement à savoir une faillite de l'État et de nos banques. Pour la Grèce , quatre dossiers continuent de poser problème à l'Europe. 

Il y a d’abord la question des créances douteuses détenues toujours par les banques, avec notamment le sort réservé à une loi grecque qui empêche, dans près de 80 % des cas, la saisie des résidences principales des ménages endettés. L'Europe souhaite sans état d'âme la supprimer car elle estime que cette loi protège trop de débiteurs, bien plus que les seuls ménages modestes. Sans honte, le socialiste Pierre Moscovici avait même déclaré, il y a quelque temps : « Il faut trouver une solution pour ceux qui décident de faire faillite pour ne pas faire face à leurs responsabilités ». 

Deuxième dossier : les Européens veulent obtenir la fin d’un mécanisme repoussant le paiement d’impôts en cas d’arriérés sur le crédit hypothécaire. Cette mesure avait été votée par Syriza mais elle est jugée néfaste pour la création d’une « culture nationale de l’impôt ».

Troisième dossier : la libéralisation du marché des médicaments pour permettre le développement des génériques. 

Enfin, quatrième dossier : les Grecs sont priés de trouver rapidement des ressources équivalentes à celles dégagées par une hausse de la TVA sur les frais de scolarité en école privée, mesure que le gouvernement Syriza a décidé d’abandonner. 

Ces quatre dossiers sont considérés actuellement comme des sources de retards dans les réformes et ils ont été les pierres d'achoppement des discussions de ce week-end mais comble de l'ironie, Aléxis Tsípras est tout de même devenu un élève modèle aux yeux des Européens. C'est la conséquence indirecte de la crise des réfugiés, sur laquelle les Européens espèrent que la Grèce jouera un rôle essentiel de tampon. Tsípras a compris le jeu et il en use à gogo pour défendre les intérêts de son peuple. Comme l'ennemi héréditaire turc, il tente de profiter au maximum de la terreur que provoque en réalité les attentats de Paris dans les couloirs de Bruxelles pour infléchir certaines réformes et même carrément les retarder ? Personne à Bruxelles n'est dupe comme personne n'était dupe avant les attentats du vendredi 13 que la France n'avait absolument pas engagé les réformes économiques et budgétaires qui s'imposent et qu'elle continue donc de dépenser socialement sans compter. Nonobstant, à Bruxelles, on n'évoque plus du tout le Grexit mais plutôt le Brexit qui se profile à grand pas. Avec la fin de Schengen, la construction de murs européens, on sait d'ailleurs aussi à Athènes que l'Europe est en danger. Nonobstant, en ce mois de novembre, le gouvernement grec a voté un énième budget fleurant bon son austérité mondialiste, il va lancer un nouveau volet de réformes (notamment sur les retraites) pour obtenir une autre aide d’un milliard d’euros en décembre, il tente de modifier la gouvernance des banques pour achever la recapitalisation du secteur et ce n’est qu’ensuite que débuteront les négociations sérieuses sur la dette, sans doute pas avant début 2016.

Même si la recapitalisation des deux milliards vient d'être approuvé ce week-end, il va cependant être de plus en plus difficile pour les marchés mondiaux de faire confiance à l'Europe. De fait, on en a beaucoup parlé ce week-end chez les créanciers et la «troïka» (FMI, la Banque centrale européenne et la Commission européenne) ne semble plus disposé à vouloir continuer à fournir la Grèce en argent frais sans réformes radicales. C'est que derrière la Grèce, il y a aussi une grande partie de l'argent des Balkans, la puissance turque qui rêve presque d'acheter Athènes et l'endettement colossal de l'Ukraine, totalement elle-aussi sous perfusion européenne. Il va bien falloir à un moment donné réguler tout cela. 

Du point de vue économique, la France est, comme la Grèce de Syriza, prisonnière de son idéologie, une idéologie socialo-libérale. De fait, s'il y a en France un état d'urgence à instaurer, c'est d'abord et avant tout celui des réformes économiques structurelles à entreprendre et à décréter au plus vite sans état d'âme, des réformes comme celles de la flexibilité totale du marché du travail, la fin du fonctionnariat d'État, la suppression de l'impôt sur le revenu et des taxes, la suppression de toutes les aides immigrationnistes. Certains feront sans doute l'erreur de juger ces propos comme des propos ultra-libéraux en noir et blanc mais nous pensons, tout au contraire qu'il faut redéfinir le solidarisme en brisant l'état social présent. Nous voyons bien que la segmentation actuelle du marché du travail français est rigide et duale et qu'en réalité, elle exclut tous les jours des milliers de jeunes travailleurs du marché inexistant de l'emploi empêchant ainsi l'insertion de millions de chômeurs. L'engagement religieux des jeunes de banlieue est peut-être d'abord et avant tout l'engagement dévoyé de leur critique sociale, une révolte à la fois contre l'apartheid français et contre l'un des modèles économiques européens les plus inégalitaires qui soit, le plus bloqué avec ses systèmes de pension surréalistes, ses niches fiscales aberrantes et ses emplois aidés ou subventionnés.

Or, si pour Macron, les réformes structurelles se réduisent seulement au blocage des salaires, on peut se poser des questions à court terme sur une capacité à réformer, sur la chute prévisible de la demande globale que va venir accentuer le management de la peur. Il n'y aura probablement pas foule cette année dans les Grands magasins. Internet est là pour suppléer. La vérité est  simple : la France n'a pas d'autre choix que d'augmenter sa productivité. Ce n'est donc pas d'un état d'urgence qu'il nous faut mais comme pour la Grèce, un plan de sauvetage économique radical, en gros sans discussion syndicale. Il nous faut un tel plan pour réclamer le changement complet de modèle économique, social et politique dont le pays a besoin et un tel plan est sans doute la meilleure chose pour régler le problème des banlieues plutôt que de taxer encore les classes moyennes jusqu'aux cabanes de jardin, jusqu'aux revenus des retraités et des handicapés car en fait, état d'urgence ou pas, on maintient un État clientéliste, bureaucratique, incapable de bousculer les structures économiques obsolètes et de rénover le pays. En un an, le gouvernement de Manuel Valls n’aura en réalité rien fait en matière de réformes structurelles, de chantiers économiques.
  
Ainsi, la France en banqueroute se proclame en état d'urgence pour continuer de demander de l'aide financière à l'Europe. Cela en fait un pays un peu particulier, un pays où ses parlementaires, tous partis confondus nourrissent la bête de la corruption. Il y a trois ans The Economist avait averti que la bombe a retardement au cœur de l’Europe, ce n'était pas la Grèce mais la France. Or depuis trois ans, le concept de la discipline budgétaire continue d’être éludé par les énarques tandis que la perfide Albion se redéploie sur Shanghai. 
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