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Par: Antiquus le 17/12/2015


Article objectif, je suis également d'accord sur le commentaire relatif à l'Irak-Syrie. Moi aussi j'ai visité la Syrie à de nombreuses reprises et j'ai toujours été frappé par le caractère tolérant de ce régime dictatorial. Pas d'accord du tout, en revanche avec le commentaire de M. Montenay. Je rappellerai que la Syrie postérieure à l'indépendance a connu en moyenne un coup d'état par an. De plus, dans un pays comme la Syrie, une politique dictée par la majorité religieuse ne peut faire rien d'autre que d'écraser les minorités. Par conséquent faire de la dictature la cause de la guerre civile, c'est oublier que les Frères musulmans ont commencé leur tentative de coup d'état par le massacre des élèves officiers. C'est oublier aussi que, dès les manifestations de 2011, de nombreux meurtres de petits fonctionnaires locaux ont motivé la répression. Faire de ces actes des manifestations pacifiques est l'effet d'un regrettable aveuglement.
Dérapages

Par: Irak-Syrie le 26/11/2015


J'ai été en Irak du temps de l'"horrible dictateur" Saddam Hussein, au moment de l'embargo après l'occupation du Koweït. J'ai pu voir que l'armée dépenaillée et sous-motivée irakienne était très loin de la "4ème armée du monde" comme la propagande de l'équipe Bush-conservateurs sionistes l'affirmait.

J'ai pu surtout constater que les Chrétiens (mais aussi les Mandéens) s'affichaient à Bagdad. Les magasins chrétiens (essentiellement Assyro-chaldéens ralliés à Rome et "Nestoriens", de son vrai nom "Sainte Eglise Apostolique de l'Orient") et les taxis chrétiens affichaient force croix et images du Christ. Le régime baasiste de Saddam Hussein contruisait des églises, finançait des séminaires !

On voit à quoi à mener l'invasion américaine de l'Irak et la destruction du pays.

 

Je connais aussi très bien la Syrie et l'Iran (où seulement 50% de la population est d'origine persane et chiite. Rien que les Azéris sunnites y seraient à hauteur de 13 milions ...). La Syrie est un aussi un patchwork de minorités (chrétiens d'encore plus d'obédiences qu'en Irak, Alaouites, Druzes, Kurdes, Yézidis et ses dérivés (tous kurdes), Arméniens, etc).

Pour y être allé souvent, avant la "révolte" populaire, tout le monde vivait en bonne intelligence (certes la démocratie était absente, mais dans quel pays musulman une démocratie parfaite existe-t-elle, mis à part peut-être la Tunisie, le Maroc (le Roi, "Commandeur des croyants", et l'armée surveillent les islamistes modérés au pouvoir), et éventuellement la Jordanie (sachant que 60% de la population est d'origine palestinienne, comme la Reine actuelle).

Là aussi, comparé à cette époque, quel est le bilan actuel ?

Les Russes, en sauvant le régime baasiste d'une défaite annoncée, se sont très habilement remis dans le jeu proche-oriental (et se vengent des humiliations en Libye et en Ukraine). Comme dit le proverbe populaire : "il faut en prendre de la graine".

 

Petite remarque : on ne peut par dire le "chiite alaouite Assad". L'alaouisme n'est pas du chiisme comme l'affirme souvent les journalistes officiels totalement incultes.

Mais il faudrait y revenir une autre fois car ce serait trop long de développer cette fois-ci ce qu'est l'alaouisme, et son faux-cousin les Druzes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Dérapages

Par: lmb le 26/11/2015



On a connu, en d'autres temps et d'autres lieux, d'autres djihadismes. Il y eu le djihadisme nazi. Mais avant, l'Europe de l'après la révolution industrielle a exporté le djihadisme colonialiste et impérialiste. Les Etatas-Unis et leur djihadisme du capital. Et l'union européenne et son djihadisme de la libre concurrence.
Dérapages

Par: Yves Montenay le 26/11/2015


On peut  certes discuter des conséquences de l'action de la France et surtout les États-Unis dans des pays dictatoriaux, mais ça doit pas faire oublier  que la responsabilité première est celle des dictateurs s'appuyant sur une minorité ethnique pour massacrer  d'autres  composantes de la population : Saddam a massacré les Kurdes et les chiites (majoritaires),  Assad  père et fils, les sunnites (majoritaires), Kadhafi  s'appuyait sur la tribu des  Kadhafa pour massacrer les habitants  de la Cyrénaïque.  Ce n'est pas  la mort de Kadhafi et de Saddam qui a créé le problème :  Bachar n'est pas mort, et le problème est là aussi. 
Et je n'ai parlé que des problèmes  ethniques qui  se sont ajoutés à une répression des opposants de toutes origines
Que les opposants ne soient pas des anges, se livrent maintenant à des représailles après des décennies de massacres et cherchent des appuis  étrangers plus ou moins sympathiques ou adroits, certes. Mais c'est confondre la cause  et l'effet. 
Dérapages

Par: Bernard Plouvier le 25/11/2015


Excellent article, fort bien documenté - ce qui est rare - au plan religieux.
Je me permets une remarque, à propos de la différence évidente entre politiques française et US au Proche-Orient (en dépit d'une apparente soumission des politicards de France aux actuels "maîtres du monde") : la 1ère entreprise française est le groupe pétrolier Total... qui investit partout où il le peut (étant victime d'une énorme concurrence US et britannique).
La politique française pro-saoudienne et pro-qatari n'a aucune autre explication que les possibilités d'expansion de ce groupe, indispensable à la "croissance" de l'économie, facteur de stabilité sociale !
Il ne manquerait plus que des islamistes fous s'attaquent au Gabon, à Cabinda etc. Ce serait le plongeon pour ce qui reste un fleuron économique français... à moins de se mettre à fouiller les zones schisteuses (mais de bons apôtres, made in USA, s'activent fort auprès de nos débiles écologistes, aussi influents qu'ignares).
Dérapages

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TRIVIALITÉ ET MÉCONNAISSANCE DE L'ISLAM  - Elles sous-tendent les décisions sur la Syrie

TRIVIALITÉ ET MÉCONNAISSANCE DE L'ISLAM


Elles sous-tendent les décisions sur la Syrie




le
modifié le 02/12/2015 à 15:34h

Mais que se trame-t-il réellement en cette Syrie de Bachar- Al- Assad ? La question est bien légitime quand, dépendre des conflits qui la saignent, sur notre sol , dans nos chairs, paraît d'une féroce évidence, très inquiétante. Même si ces turbulences destructives ne cessent d'alimenter les médias français, et véhémentement depuis quelques jours, tout demeure confus, étrangement rendu opaque !

Une certaine désinformation, sinon une information spécieuse, sciemment orientée par une volonté gouvernementale française, s'est longtemps exclusivement acharnée à accuser et condamner la dictature assadienne : la guerre civile, là-bas, n'aurait été que la suite logique du libérateur "printemps arabe", une glorieuse manifestation d'asservis décidés à se libérer d'une épouvantable autocratie…Comment n'avoir pas daigné constater que l'éviction de l'autocratie avait, partout, fait la place à un islamisme outrancier sunnite ?

Mais aujourd'hui, la condamnation forcenée, due surtout à la bien néfaste influence fabiusienne, commence à révéler sa vanité fonctionnelle, sa fausseté conceptuelle, mais plus encore, sa perverse dangerosité.

Les fanatiques criminels ne sont point des partisans de Bachar-Al-Assad ; ce prétendu odieux personnage n'a pourtant jamais commandité des massacres de civils français innocents ; le djihad ne fut pas proclamé par ce musulman-là.... Et Daech, après l'Irak déstabilisé, se répand en Syrie contre Assad, au nom d'un islamisme sunnite radicalisé. C'est bien au sein des opposants armés au régime syrien que s'est nourrie la branche syrienne de l'État islamique de sulfureuse renommée.

Depuis l'origine des troubles au Sham, qui ignorait que, à cause de la séculaire rivalité multi-séculaire entre sunnisme et chiisme en Dar-Al-Islam, l'Arabie Saoudite résolument wahhabite et le Qatar au sunnisme virulent finançaient sans compter la pseudo-révolte populaire syrienne ? Ce n'était point le régime de la très tolérante Syrie que ces monarchies absolues visaient. Elles cherchaient effrontément à déstabiliser un État en meilleures relations avec l'infâme pôle chiite iranien. Voilà comment l'Occident et surtout la France allaient, sur d'autres triviaux phantasmes idéologiques, fustiger ce président alaouite garant d'une remarquable pacifique cohabitation pluri-religieuse, grâce à son très laïque parti Baas.

N'était-ce pas le Baas que dirigeait, similairement en Irak, le « satanique » Sadam Hussein, pourchassé et liquidé par le très moraliste démocratisme des États-Unis ? Et le chaos qu'ils instituèrent ainsi, en finissant par privilégier la composante chiite du pays au détriment des sunnites , engendra cet État islamique qui n'attendit pas longtemps pour s'auto-proclamer Califat.

Que penser et dire de ces apprentis sorciers incapables de tirer profit des colossales erreurs historiques ? Il faut peut-être chercher d'inavouables motivations supérieures pour comprendre la répétition de ces dramatiques erreurs, déplorables bavures aberrantes.

Il faut dépasser le trop facile réductionnisme actuel qui veut que toute l'opposition entre sunnisme et chiisme se fige, dans la rivalité interne à l'islam, entre l'islamisme iranien et la quasi-totalité du reste du monde musulman, avec le leadership politico-religieux de l'Arabie Saoudite gardienne des lieux saints, et la référence doctorale de l'Université El Ahzar du Caire.
Le schisme, entre ces historiques courants de l'islam, date du septième siècle, après l'assassinat d'Ali, le quatrième calife bien guidé (656-661), et ceux successifs de ses deux fils : Hassan et Hussein. Le parti d'Ali (de Ziat en arabe) revendiquait que le califat héréditaire revînt de droit aux descendants du prophète Mohammed, contre l'orthodoxie sunnite qui ne se focalisait que sur la Sunna, choisissant l'acceptation de l'événement historique, plus intéressant pour l'avenir de l'islam, avec surtout la préférence donnée à l'usage et à la coutume. Est exigée la rigoureuse obéissance à la théorie et à la pratique de ce que révèlent les paroles du prophète rapportées par ses compagnons et fixées par les Hadiths .

Aujourd'hui, la concurrence s'est aggravée avec des rivalités de préséance, de profondes différences culturelles, une sauvage compétition pétro-économique et de relations internationales. Quand les sunnites, partout, rêvent de réactiver le djihad, les chiites, eux, pensent que l'instauration d'une véritable islamisation par le djihad est remise aux temps messianiques. De même, si, en sunnisme, on a rêvé, en tout temps, de renouer avec le califat, le chiisme ne le prévoit qu'avec cet avènement d'un messie de justice, l'imam bien guidé, le Mahdi.

C'est ainsi, qu'en outre, l'actuel gouvernement irakien majoritairement chiite, l'Iran de l'ayatollah, et le chiite alaouite Assad ne peuvent admettre et combattent férocement l'ignoble et fantaisiste califat instauré par Daesh, avec l'active bénédiction de l'Arabie Saoudite et du Qatar.

Voilà dans quel contexte complexe et exclusivement musulman, se sont englués nos stratèges « mal guidés » en prenant parti et en intervenant inconsidérément : cela traduirait-il une grossière ignorance ou cela dissimulerait-il des raisons mystérieuses inavouées, certainement peu avouables, bien suspectes ?

Les États-Unis d'Amérique bien plus matérialistes, semblent tout prêts à revoir profondément leurs conceptions géostratégiques dans le Moyen-Orient musulman. Ils tendent vers de nouvelles radicales alliances. Se réhabilite leur intérêt pour l'Iran et le pôle chiite au détriment d'une vieille alliance d'intérêt avec une Arabie Saoudite moins fidèle, et dont ils semblent avoir moins besoin du fait de leur propre nouvelle production pétrolifère. 

Mais la France, qui généralement suit aveuglément les dispositions américaines, semble, cette fois, vouloir se distinguer dans une politique étrangère brouillonne ; elle regimbe et veut poursuivre sur sa lancée erronée et folle : elle s'acharne à ne pas choisir clairement ; elle veut ménager chèvre et chou pour paraître librement originale et rester ferme et intransigeante sur ses principes ; elle continue à abominer Bachar-Al-Assad, tout en dénonçant et attaquant Daesh.

Ainsi se prive-t-elle, en toute absurdité, de nouvelles ouvertures constructives et se détermine-t-elle comme cible privilégiée à la vindicte de ce califat sunnite radical et fanatiquement criminel ! Poursuivre dans ce non-sens porte une énorme et funeste responsabilité et se charge d'une colossale culpabilité.
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