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Par: Bernard Plouvier le 05/12/2015


Une réflexion d'un homme qui ne se sent aucunement "citoyen du monde", mais exclusivement EUROPÉEN. J'abonde dans le sens de cet auteur exotique dont je ne lirai jamais une ligne (et merci à Mr Lhomme de me faire connaître sa pensée) : les DOM-TOM sont de parfaites absurdités, au plan culturel, en plus d'être monstrueusement & inutilement coûteux pour la Nation française.
Donnons l'indépendance pleine et entière à ces êtres humains des autres continents et renvoyons chez eux leurs natifs, qui n'ont rien à faire en Europe, terre de la race européenne.
Chacun chez soi, en toute souveraineté et commerçons valeur pour valeur, comme l'a dit - un jour où il était sobre et en grande forme mentale - Bill Clinton : Trade, not Aide.
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SALIM HATUBOU  - La mort d'un sultan des lettres ultra-marines

SALIM HATUBOU


La mort d'un sultan des lettres ultra-marines




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On ne parle des quartiers Nord de Marseille que pour pointer du doigt la zone et la crasse mais dans la zone naissent parfois des poètes. Décédé à Marseille d'un infarctus du myocarde le 31 mars, à l'âge de 42 ans, l'écrivain comorien Salim Hatubou a été inhumé le 8 avril dans son village natal de Hahaya aux Comores. Des funérailles auxquelles le président comorien et son gouvernement ont assisté en personne, mais également la famille et les amis de l'artiste, venus de tout l'archipel, en particulier de Mayotte et d'Europe. Salim Hatubou était reconnu chez tous les conteurs du monde entier, qu'ils soient d'origine marocaine comme Nacer Kémir, algérienne ou camerounais. Salim Hatubu était arrivé à Marseille en 1982 quittant les Comores déchirées par les coups d'état successifs et la misère. Il avait fait largement son chemin. Le projet de traduction d'une de ses œuvres est d'ailleurs en cours pour la fin de cette année au Japon.

Salim Hatubu aura défendu toute sa vie le patrimoine oral comorien en voie de disparition. Il visitait régulièrement la grande île pour recueillir lui-même les contes traditionnels des villages. En 2011, son spectacle "Le boutre de la parole" avait obtenu le label du meilleur spectacle d'outre-mer. Accompagné de musiciens, il emmenait les spectateurs sur les rivages des îles de la Lune (les Comores). 

Au delà du conteur, Salim Hatubou était l'auteur de près d’une trentaine d’ouvrages, la plupart publiés chez Komedit et diffusé par l'Harmattan. Salim Hatubou était l'une des plus grandes figures vivantes de la francophonie littéraire, grand animateur scolaire d'ateliers d'écriture, à la Réunion, à Mayotte, à Gardanne, à Bordeaux mais surtout à Marseille sa ville d'adoption. 

Auteur de romans, il dénonça aussi bien le poids de la tradition comorienne (en particulier les mariages arrangés et les excès de la polygamie) que les échecs de plus en plus patents de l'intégration des Comoriens ou des Mahorais déculturés en France. Nous avions particulièrement apprécié la tendresse nostalgique et le regard acide de son roman 'L'Odeur du béton' sur le décalage sentimental de son arrivée à Marseille. Le roman date déjà de quelques années (1998 chez L'Harmattan) mais nous en avons toujours gardé un agréable souvenir avec la dédicace de l'auteur dans une de nos bibliothèques. Salim Hatubou devait tout à sa grand-mère maternelle qui était à la tête des veillées de contes du village comorien de Milépvani. Il avait retranscrit ses contes dans ses délicieux "Contes de ma grand-mère" (L'Harmattan 1994). Il en avait enregistré d'autres dans un CD qui est devenu rare, "Contes Comoriens, Genèse d'un pays bantou". (Harmattan 1994). Ce fut aussi un auteur de théâtre, il écrivit par exemple cette fresque "Kara ou le destin conté d’un guerrier", un feuilleton dramatique de 8 épisodes sur une épopée comorienne.

Musulman, Salim Hatubou traitait aussi bien de la société française que de la société comorienne. Dans "Hamouro", il a soulevé avec courage l’épineux problème de la balkanisation de son archipel, de la départementalisation de Mayotte, des relations catastrophiques entre Mayotte, restée sous giron français et les autres îles des Comores, ayant accédé à l’indépendance. Il dénonçait d'ailleurs couramment l'acculturation du 101ème département français livré aujourd'hui à la société de consommation, aux prédateurs métropolitains mais aussi ӑ la délinquance sauvage, une île qui perd de plus en plus son âme, ses coutumes et sa moralité. 

Salim Hatubou fut aussi l'une des meilleures plumes du journal ''anjouanais'' Kashkazi, journal quasi ''situationniste'' qui fut longtemps le mensuel le plus critique et le plus intelligent de tout l'archipel.
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