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Mercredi 26 avril 2017
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EDF ET LE FILON DE LA TRANSITION -

EDF ET LE FILON DE LA TRANSITION





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Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, déclare le 4 décembre 2015 dans « Vivre EDF l’Hebdo » : «Il faut reléguer aux oubliettes le vieux débat sur l’énergie, focalisé sur l’antagonisme supposé du nucléaire et des renouvelables. Ce vieux débat n’a déjà plus lieu d’être en Asie. Il faut partout changer de logiciel, passer de l’antagonisme à la complémentarité. C’est pourquoi le projet CAP 2030 veut accélérer le déploiement des énergies renouvelables en doublant les capacités installées du Groupe dans le monde».

Quant à l’étude de l’ADEME qui imagine qu’en 2050, l’électricité pourrait être d’origine 100 % renouvelable : «Bien sûr, cela serait formidable si tous les pays pouvaient avoir 100 % d’énergies renouvelables. Aujourd’hui, il n’y a que quelques régions où c’est envisageable, où il y a beaucoup d’eau, beaucoup de vent»…
Le PDG d'EDF ment, hélas, par omission en taisant soigneusement une exigence de stockage immense, sans laquelle aucun système électrique ne peut fonctionner durablement de manière autonome.

Depuis la promulgation de la loi Cochet, au début des années 2000, EDF obéit à une politique énergétique partisane de sa tutelle (l'état) axée sur la promotion du renouvelable et sur un moratoire, plus ou moins larvé, du nucléaire. 

L'entreprise EDF s'est laissée enfermer dans un piège diabolique, sournoisement tendu par une politique énergétique inique menée depuis quinze ans par les gouvernements successifs.
 
Le PDG d'EDF est alors placé devant un dilemme :
- soit il continue à regarder ses comptes malmenés par une obligation d’achat (hors de prix) de l'électricité renouvelable (cette obligation  n'a jamais été complètement compensée par la ressource de la taxe CSPE ajoutée sur la facture d'électricité des Français), 
- soit il s’invite aux agapes du juteux marché des renouvelables créé de toute pièce par l’État sur le dos de ses administrés et des consommateurs d’électricité. 

Le choix d'EDF de céder à la tentation de "tondre la laine" sur le dos des Français en récupérant des subventions généreusement accordées est compréhensible. Il y a même été encouragé par sa tutelle.
 
EDF a donc créé  "EDF Energies nouvelles" qui ne correspond à aucun besoin économique, industriel ou technologique. Ses fondements socio-économiques sont pervers... Des ascendances "vertes" du réchauffement climatique portent très haut ses errements dans les sphères de la démagogie. Il en résulte un emballement et une fuite en avant de la politique industrielle d’un acteur majeur de l’économie française, dont le moteur partisan n’a jamais été aussi puissant.

Or, si personne n’y prend garde suffisamment tôt, cette imprudente orientation pourraient peu à peu rendre irréversible certaines implications et, demain, priver tout gouvernement d’une voie de repli sans dégâts collatéraux sociaux et financiers.
 
Dans aucun pays au monde, la viabilité économique de l’éolien et du photovoltaïque ne peut se passer de subventions des États lorsqu'ils sont en concurrence avec les moyens classiques de production d’électricité.

La représentation nationale devrait alors poser d’urgence les questions suivantes au PDG d’EDF, qui lui doit des comptes :
- Quels arguments scientifiques, technologiques et économiques possédez-vous pour affirmer qu’il n’en sera pas toujours ainsi ?
- A quelle échéance estimez-vous que la compétitivité de l’éolien et du photovoltaïque, sans assistance d’État, sera une réalité ?
- Pensez-vous que les peuples et leurs gouvernants finiront par se lasser d’attendre cette réalité, et d’en payer indéfiniment le prix exorbitant ?
- Enfin, qu’adviendra-t-il au groupe industriel EDF ENR lorsque la non-compétitivité de l’éolien et du photovoltaïque industriels sera définitivement avérée ? 

Ce qu’il adviendra alors n'est pas difficile à imaginer. Des fonctionnaires statutaires et des élus remembreront une industrie sinistrée, comme on remembre le cadastre, et ils géreront dans l’urgence, une fois de plus, les transferts de patrimoines qui s’imposeront, tandis que les Français se demanderont, comme toujours : "comment à-t-on pu en arriver là ?".
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